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mardi 2 juin 2015

Une militante iranienne est condamnée à 14 ans de prison



La dessinatrice et militante féministe iranienne Atena Farghadani vient d’être condamnée à une peine de 14 années d'incarcération pour avoir utilisé son droit à la liberté d'expression.

La nouvelle n'est pas sans rappeler l'arrestation de la malheureuse journaliste canado-iranienne, Zahra Kazemi. Elle avait été emprisonnée et torturée dans son pays d'origine, l'Iran.


Âgée de 54 ans, Mme Kazemi est morte à peine quelques jours après son arrestation, en juillet 2003, près de la prison Evine, à Téhéran où elle photographiait des manifestants.

Transportée à hôpital dans un état grave, Mme Kazemi avait rendu l'âme peu de temps après d'une hémorragie cérébrale provoquée par un traumatisme crânien.

Quoi qu'il en soit, c'est le 29 mai 2015 que la nouvelle est arrivée via le site Iran Wire : la peintre et militante iranienne Atena Farghadani – âgée de 28 ans - a été condamnée par le juge Abu’l-Qasim Salavati pour avoir utiliser son droit à la liberté d'expression, reconnu par les Nations Unis.

Le juge Abu’l-Qasim Salavati
De sinistre mémoire, pour diverses accusations dont celles de « propagande contre le régime », « d’atteintes répétées contre la sécurité de l’État », « d’association et collusions avec des éléments contre-révolutionnaires et des éléments dévoyés » , « d'outrage aux représentants du Parlement par la maîtrise du dessin », et « d'outrage au Guide suprême et aux Pasdarans ».


Elle avait déjà fait les frais d’une première parodie de procès, mardi 19 mai dernier où Abu’l-Qasim Salavati et les autres procureurs avaient basé tous leurs réquisitoires sur le fait qu’Atena Farghadani « n’avait pour seul but que de mélanger activisme, politique et art – que de semer le trouble dans la société et dans les esprits du peuple iranien. »

Les « Gardiens de la Révolution » de l’IRG avaient déjà arrêtée Atena Farghadani en septembre 2014. Elle avait alors entamé une grève de la faim le 1er octobre 2014 qui se transforma, 11 jours plus tard en une grève de la soif. 


En raison de la gravité de son état de santé (voir le communiqué émis par Amnisty International) due aux séquelles de cette action de protestation, elle avait pu bénéficier d’une remise en liberté provisoire moyennant une caution très importante.

Dès sa sortie de prison le 23 novembre 2014, Atena avait publiée une vidéo dans laquelle elle dénonçait les violences et les pressions physiques et psychologiques subies quotidiennement par les femmes dans les prisons du régime théocratique et fasciste des Mollahs. (voir vidéo ci dessous).

Atena livre son témoignage (en arabe seulement)

En janvier 2015, elle est de nouveau arrêtée - après avoir reçu une nouvelle convocation du Juge Abu’l-Qasim Salavati : avoir publié une caricature sur sa page Facebook en se moquant des politiciens iraniens ultra conservateurs, qu’elle représentait par des têtes d’animaux.

Le dessin qui a valu à Atena cette peine inique de 14 ans de prison
Ces politiciens avaient activement soutenu un projet de loi anti-contraception voulant, entre autre criminaliser les stérilisations volontaires. Atena Farghadani et les nombreuses militantes féministes et défenseures des droits des femmes iraniennes s’étaient dites, à l’époque, très inquiète de ce projet législatif et avaient publiés une déclaration commune, disant que si cette loi passait, cela ne ferait qu’augmenter d’avantage les discriminations contre les femmes en Iran.


Madame Farghadani à également soutenu toute une série d’initiatives de défense des droits de l’homme en Iran. Elle est connue pour avoir rencontré des familles de prisonniers politiques et de condamnés à mort, ainsi que des militants défenseurs des droits humains iraniens emprisonnés en raison de leurs engagements politiques. 

Lors de la veille du procès d’Atena, le lundi 18 mai 2015, des militants d’Amnesty International et des militantes d’organisations féministes anglaises s’étaient rassemblées devant le consulat d’Iran à Londres. 

Les manifestants ont appelé à la libération immédiate et sans conditions d’Atena Farghadani et ont présenté ensuite au Consul une pétition qui a rassemblé plus de 33,000 signatures.

Atena Farghadani est également accusée par le sinistre juge Abu’l-Qasim Salavati et ses sbires, « d’organisations répétées, de rassemblements illégaux en vue de monter une collusion avec des individus anti-révolutionnaires en lien avec des sectes déviantes. »

En raison d’une exposition d’art appelé Parandegan-e Khak (Oiseaux de terre) qu’elle avait organisée, en mémoire de tous-tes les manifestant-es tué-es lors des répressions sanglantes précédées des manifestations post-électorales de juin 2009, et de la réélection frauduleuse et controversée du dictateur Ahmadinejad.
Source : le blogue Soliranparis

Pour soutenir la cause d'Atena Farghadani :

Lieu : Saint-Hyacinthe, QC, Canada

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Article 3 : « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne. » - Déclaration universelle des Droits de l'Homme, 1948